• Génération 1872

    Nos Arrières Grands-Parents, en 1872.

     

     

    1872, c'est la génération de nos arrières-grands Parents… pour G*, J* et moi.  Nous avons entendu parler d'eux tous, en diverses occasions, et plus souvent, pour les figures les plus marquantes.  

    Grâce à la mise en ligne d'une liste alphabétique du recensement de 1872 par le site Filae, j'ai pu les retrouver  tous, avec, parfois un détour vers d'autres sources: Plaisir de pouvoir les "situer" et ainsi reconstituer notre famille au tournant d'un siècle qui allait bouleverser bien des choses dans la société et la vie quotidienne.

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     Les DELISLE 

    Brou, 1872 

    Thomas DELISLE, perruquier (1), fils de perruquier, 42ans & 

    Joséphine ROBET, fille de teinturiers (père et mère), 38 ans 

    habitent Rue du Cheval Blanc à Brou (Eure-et-Loir), avec les plus jeunes enfants, tous nés à Brou: 

    • Anaïs, 14 ans

    • Camille (garçon), 12 ans

    • Maxime, 5 ans

    • Marie, 2ans

    • Joseph, notre Grand-père a 2 mois: il est né le 29 janvier  

    Le couple a eu 6 autres enfants.

    3 sont morts en bas âge.

    L'aînée, Joséphine est née en 1853; ensuite on perd sa trace.

    Georges a 17 ans. Il est "garçon perruquier" chez Athanase RIBAULT à Châteaudun (28). Plus tard il sera coiffeur à Bonneval (28). Gustave a 10 ans. Je ne sais pas où il est en 1872, mais on le retrouvera plus tard menuisier au Mans. 

    à noter: dans la colonne Observations du registre de recensement on trouve la remarque "Bossue" en face du nom de Joséphine ROBET. Détail probablement inconnu de ses descendants actuels. 

    Je me suis demandé s'il fallait le mentionner. Mais bon, l'histoire c'est l'histoire. Je n'en ai personnellement que plus de respect pour cette personne courageuse qui a consacré sa vie à élever 11 enfants, vaille que vaille!

    En passant: Marie âgée de 2 ans en 1872, épousera plus tard un certain Alexis LEGRAND, dont le père Armand, Sylvestre LEGRAND, est décédé à l'île Nou en Nouvelle-Calédonie, en 1887... 

     

     Pendant ce temps à Vibraye  

    La mère de Joséphine est décédée en 1863. 

    Jean Louis ROBET son père, teinturier(2), 65 ans, s'est remarié en 1864 avec 

    Anne Sophie FERRAND, teinturière. 61 ans 

    Ils habitent, profession oblige, Rue de la Rivière, à Vibraye (72, Sarthe), 

    commune distante d'environ 40 km de Brou.

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    Les VAN THEEMSCHE 

    Ablis, 1872 

    Augustin VAN THEEMSCHE, journalier(3), 36 ans et belge – il est né à Oosterzele, arrondisement de Gand - & 

    Estelle, Aimée LHOMME, 25 ans, née à Ablis (78, Seine & Oise, aujourd'hui Yvelines) 

    habitent rue de l'Église à Ablis avec leurs enfants: 

    • Claire, 5 ans

    • Auguste, 2 ans

    • Armand, 4 mois  

    9 autres enfants viendront s'ajouter à la fratrie dont Irma, notre Grand-Mère en 1875. 

    Les enfants sont belges par filiation. Les garçons prendront la nationalité française en 1893, et les filles par mariage avec un Français.

      

    Achille LHOMME, père d'Estelle, jardinier(4), 49 ans,  

    habite la maison d'à côté. avec ses enfants 

    • Émile, 22 ans

    • Narcisse, 20 ans

    • Sophie, 15 ans

    • Marie, 13 ans

    • Delphine, 11 ans  

    Pas de profession mentionnée pour les enfants les plus grands. 

    Le couple Achille LHOMME et Estelle POTVIN (mère d'Estelle) me paraît assez romantique: les 2 premiers enfant s'appelleront: "Estelle, Aimée" et "Achille, Désiré". Mignon, non?  Ajoutons que: 

    Achille est veuf depuis 10 ans, et - chose remarquable pour l'époque - il ne s'est pas encore remarié. Il le fera tout de même à la fin de cette année: le 24 septembre 1872, il épouse une veuve de 40 ans, Joséphine CORBIÈRE.

     

     Toujours à Ablis : 

    Marie Reine MARTIN, Vve POTVIN, belle-mère d'Achille et grand-mère d'Estelle, (Schéma), 75 ans & 

    Marguerite MARTIN, Vve RENAUD, sa sœur, 80 ans. Habitent ensemble rue Rochefort à Ablis.

    Toutes les 2 sont journalières - à 80 ans!                                                                                            

    Que faisaient-ils en 1872 ?

    Mais la solidarité féminine a du bon. Ces 2 dames jouiront   d'une belle longévité:

          

     Marguerite décède en 1879, âgée de 88 ans, et Marie Reine en 1888, âgée de 92 ans.

     

    Bravo, les filles !

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    Les MOULIN 

    MAMERS, 1876 

    Il n'y a pas eu de recensement à Mamers (72, Sarthe) en 1872, ou bien le registre a été perdu, ou n'est pas numérisé: ce sont les aléas de la généalogie. 

    Le recensement de 1876, à 4 années de là, nous donnera tout de même une bonne idée de la configuration familiale à cette époque. 

    Edmond, Eugène MOULIN, Charron(5), fils de maçon, 38 ans & 

    Mélanie CORDIER, 25 ans 

    Habitent rue de l'Ecole à Mamers avec 

    • Edouard, 19 mois [c'est le prénom usuel, donné à l'agent recenseur. A l'État civil: Louis, Edmond]  

    Avec eux habitent également 3 ouvriers charrons, employés par Edmond: 

    • CUBERRIER Paul, 20 ans

    • RUEL Armand, 50 ans

    • FILLEUL Eugène 25 ans  

    [les noms sont donnés sous toutes réserves, certaines lettres sont un peu effacées] 

    Le recensement ne dit pas s'ils ont un logement séparé ou si tout le monde vit dans une grande maison? Ils ont tous la même adresse et normalement "la liste donne le détail, pour chaque adresse,  de tous les habitants d'une même maison ou d'un même logement : membres de la famille, domestiques etc." 

    Edmond et Mélanie se sont mariés en 1873 à Marolles-Les Brault, où Mélanie est née. Edmond, né à Saint-Rémy-des-Monts habite alors à Mamers. Ces 3 communes sont voisines, dans la Sarthe. 

    Ils auront encore 2 enfants, dont Prosper notre Grand-Père, né en 1880.

     

    Marie Renée TRIGER, mère d'Edmond et Veuve de Jacques MOULIN, maçon, décédé à Paris à l'âge de 31 ans. 

    Journalière, 55 ans, elle habite aussi à Mamers, rue du Pavillon du Collège et de l'Enclos [sic]

     

    Pendant ce temps à Saint-Pierre-des-Ormes  De Caroline TRIGER à Edmond MOULIN

     

    Caroline TRIGER, Grand-mère d'Edmond, et veuve de Jean-René MOULIN

    (cultivateur selon sa fiche militaire, tailleur de pierres sur d'autres documents) 

    Journalière, 75 ans, elle vit seule à la Robillarderie, hameau de Saint-Pierre des Ormes (Sarthe) - encore un village périphérique de Mamers

     

    Hasard et stabilité des populations: Jacques MOULIN a épousé Marie Renée TRIGER, qui n'a pas de liens de parenté connue avec sa propre mère Caroline TRIGER.

     

    Pendant ce temps à Marolles-Les-Braults: 

    Ici, pas de recensement avant 1906. Mais par les actes concernant sa fille et ses petits-enfants, on a tout de même des nouvelles de 

    Mélanie GARNIER, Vve CORDIER (mère de Mélanie), ouvrière en robes. En 1872 elle a 55 ans. 

    Son mari, Marin CORDIER, ouvrier charron, est décédé 3 mois avant la naissance de leur fille. 

    Depuis, elle habite Marolles-les-Braults, rue Courgains. 

    Les 3 enfants de Mélanie naîtront chez elle, à Marolles-les-Braults, avec bien entendu l'assistance d'une sage femme. 

     

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    Les KELLER

    Banlieue de Versailles, 1872 

    Georges KELLER, Maréchal-ferrant (6), 30 ans & 

    Marie SAUCET, 19 ans  

    Habitent Place de l'Église à Montesson (78, Yvelines : entre Versailles et Paris) , avec 

    • Lucien, 2 ans

    • Eugénie, 1 mois

    • Henri PARGEOIS, ouvrier maréchal, 27 ans (né à Épernay dans la Marne)   

     Au sujet de la cohabitation: même remarque que pour Edmond Moulin. 

    Libéré de l'armée au mois de mai 1872 (info à vérifier néanmoins) , Georges est né à Drusenheim dans le Bas-Rhin. Les natifs des départements alsaciens et lorrain, annexés par l'Allemagne, ont la possibilité d'opter pour la nationalité française, à condition d'émigrer vers un département non annexé. Ce qui est déjà fait. Georges figure sur la liste des "Optants" (pour la nationalité française), publiée au Bulletin des Lois n° 403 de cette année 1872 (page 9888)

     à noter: 

    Marie Saucet est née à Beauvais. Son père, Joseph SAUCET est originaire de Fougères, Profession militaire. 

    En 1868, il est brigadier au 2ème régiment de Hussards basé à Thionville, tout comme Georges Keller. Ceci explique cela, 

    Georges Keller et Irma SAUCET se sont mariés à Thionville (57, Moselle) en juin 1869. (le Papa est malheureusement décédé le 4 décembre précédent, de phtisie) 

    Pendant ce temps :  

    Marguerite LASCOURBAS, Vve SAUCET, mère de Marie, Couturière de profession, elle a alors 45 ans. 

    Je ne sais pas où elle est en 1872. La Moselle fait partie des départements qui n'ont pas mis en ligne leurs archives, donc pas de recensement. 

    Elle est probablement restée à Thionville quelques temps après la mort de son mari. Elle y a d'ailleurs marié sa fille en 1869.  

    Plus tard, elle rejoindra ses enfants à Versailles, où elle décède en 1905, âgée de 77 ans, chez les Petites sœurs des Pauvres.  

    Elle fut l'une de leurs premières pensionnaires, "Ma Maison" ayant ouvert ses portes en 1900.

     

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    Notes sur les métiers : 

     

    1. Perruquier : 

    D'abord artistes ès-perruques, ils se sont assez vite occupé des barbes et des moustaches.

    • Le barbier perruquier faisait la barbe, taillait les cheveux, coiffait et savait fabriquer des postiches sur tulle. … Puis on évolue vers la notion moderne du coiffeur.  

    On remarque ici que Georges DELISLE, embauché d'abord comme « Garçon perruquier » à 17 ans, se définira à son mariage comme « Perruquier-coiffeur » (1879). Au recensement de 1901, il est devenu définitivement « Coiffeur ». 

    Une évolution, en direct sous nos yeux... 

     

    2. Teinturier : 

    [extrait d'une encyclopédie] : "La teinture impliquait une série d'opérations (lavage, mordançage, bain colorant, rinçage, essorage et séchage); l'équipement d'un atelier comprenait donc diverses cuves, une chaudière pour chauffer l'eau de lavage et les bains (bouillons), des séchoirs. Echeveaux et tissus étaient plongés dans le bain colorant, suspendus soit à des bâtons en bois, soit à un tour entraîné par une manivelle.  

    Les teintureries employaient beaucoup d'eau (qu'elles polluaient, d'où leur implantation à la limite des villes) et de bois de chauffe. Elles avaient besoin d'espace pour étendre les toiles; elles se trouvaient donc hors des villes" 

    (source : www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F13970.php?topdf=1) 

    Vers le milieu du 19e siècle se répand l'usage de teintures artificielles. Les conditions décrites ci-dessus évoluent vers l'industrie purement chimique...

     

    3. Journalier : 

    Les journaliers ne possèdent ni terre, ni leurs propres outils de travail. Dans les fermes ou métaieries, payés à la journée,  ils accomplissent les besognes ne nécessitant pas de qualification : nettoyage des étables, travaux de terrassement, mise en fagot des bois, surveillance du bétail, transport des foins … 

    Au 19e siècle, les journaliers ne travaillaient pas seulement dans les fermes. En région d'industrie textile, par exemple, ils travaillent dans les manufactures, à la journée. Et jusqu'à des dates relativement récentes, entre 1914 & 1960, il y avait aussi des journaliers au service de la personne, femme de ménage, cuisinière, lingère, ... dont le point commun était effectivement le travail payé à la journée.  

    Situation extrêmement précaire donc, mais dont les conditions peuvent varier.selon les emplois, les régions, les saisons…

                        

    4. Jardinier : 

    RAS

     

    5. Charron : 

    Le cerclage des roues est sa grande spécialié. Partant de là, il concevait, fabriquait et réparait  les voitures à cheval et tout type de matériel agricole.  

    Au 19e siècle, sa clientèle n'est plus uniquement rurale ou de transporteurs. Ses productions sur mesure intéressent une clientèle diversifiée, tant urbaine que rurale: cultivateurs, jardiniers, maçons, lavandières, postiers, mineurs, bouchers,...  

    (Source : https://educalingo.com/fr/dic-fr/charronnerie) 

     

    6. Maréchal-ferrant : 

    Il ferrait les chevaux et aussi les bœufs de labour. 

    Chaque ferrage est particulier et on doit savoir lire le pied du cheval, pour corriger ses défauts. A l'époque, On ne prend ni cote, ni empreinte ; le coup d’œil doit être juste et rapide, le geste sûr. Il faut une heure pour ferrer une bête avec l'aide de son maître ou d'un apprenti. 

    (Source : http://compagnon1850.free.fr/metiers.htm)

     

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    Pour s'y retrouver: En jaune les personnes faisant l'objet d'un article ci-dessus.

    Il manque 2 personnes de la génération précédente: avec 5 générations ça devient illisible. J'ai donc mis un schéma dans le corps de l'article pour chacune d'elle.

     

    Que faisaient-ils en 1872 ?

     

     

    Que faisaient-ils en 1872 ?

     

     

    Que faisaient-ils en 1872 ?

     (cliquer sur la carte pour l'agrandir,

    pour les schémas, cliquer sur la loupe qui apparaît en bas à droite quand on promène la souris.)

     Si vous avez d'autres infos ou relevez d'éventuelles erreurs, tous les commentaires sont bienvenus.

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